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Curiosity killed the cat [Cyrios, Daskarina et Maav]
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Depuis maintenant une semaine je ne fais que me tourner et me retourner dans mon lit sans arriver à fermer l’oeil. J’ai le sentiment que quelque chose de terrible va se produire et j’ai des cauchemars horribles dès que j’arrive à m’endormir. Une créature malveillante avec un sourire cruel. Je sais que ça ne sert à rien de se battre contre l’insomnie. Je sais aussi que rester assise à rien faire ne peut pas m’aider non plus, je dois dépenser mon énergie… Mais comment? Tout le monde dort, je ne peux pas faire de bruit ils vont se réveiller. Je suis restée assise dans mon lit à me tourner les pouces en cherchant des idées silencieuses. Je crois que je vais sortir.

C’est dans l’espoir de brûler suffisamment de mon énergie pour être capable de dormir au moins quelques heures que je suis sortie. La nuit était un peu froide et l’absence de lune dans le ciel rendait tout plus sombre qu’à l’habitude. Au moins il y avait les lumières de rues pour éclairer mon chemin mais j’ai fini par les trouver vite lassantes avec leur lumière qui n’était pas naturelle et qui m’aveuglait au fur et à mesure que mes yeux s'accoutumaient à la noirceur. Je me suis aventurée un peu plus loin de la lumière et j’ai tourné au coin d’une petite rue plus sombre.

Au moins ici on peut voir les étoiles. Sans les lumières de rues pour m’éblouir je pouvais voir la voûte étoilée au dessus de ma tête. Même la beauté des étoiles ne parvenait pas à me calmer et dissiper mes craintes. L’anxiété était toujours là et une petite pointe de peur commençait à se faire sentir.
J’ai continué mon chemin en tentant de me changer les idées. Je me suis arrêtée de temps à autres pour observer quelque chose, y réfléchir et ensuite continuer de marcher sans destination précise. Rien n’a fonctionné bien longtemps et j’ai fini par céder à la paranoïa. J’avais un peu peur de ce que j’allais voir à chaque fois que je tournais au coin d’une rue. J'évitais tout les endroits ou j’aurais été visible et vulnérable. Je me suis mise à imaginer toutes sortes de choses toutes plus effrayantes les unes que les autres. Ces pensées venaient à moi sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Ça devenait insupportable et ça devait cesser! Mais comment…

J’ai rebroussé chemin, poussée par la peur. Je suis retournée sur mes pas en espérant pouvoir retourner chez moi et chasser ces images de ma tête. Marcher n’était pas assez vite, je me suis mise à courir. J’ai couru aussi rapidement et aussi longtemps que mes jambes ont pu me porter. Ça m’a paru longtemps mais aussi si court, dans ma panique j’avais perdu la notion du temps. Il ne me restait plus que deux coins de rues. Une voix m’a fait m’arrêter. J’avais si peur que je me suis cachée comme j’ai pu près du coin d’une maison non loin. La peur m’a empêché d’essayer de voir de qui il s’agissait. La peur m’a empêchée de demander de l’aide.

Quand la voix s’est approchée je l’ai reconnue. C’était celle de Cyrios. Qu'est-ce qu’il peut bien faire dehors à cette heure? Mes pensées ne s’arrêtaient pas là mais je ne me souviens plus exactement à quoi je pensais. J’ai été troublée par quelque chose et j’ai oublié à quoi je pensais.
Étant donné que j’avais entendu sa voix je m’attendais à voir quelqu’un avec lui mais il était seul. Il s’adressait à quelqu’un qui devait être à côté de lui mais il n’y avait personne, il parlait dans le vide!

À partir de là j’ai imaginé les pires choses. Je n’ai pas été découverte je crois et si je l’ai été il n’en a rien laissé paraître et il a continué à marcher. J’étais tout de même curieuse de savoir ce qui lui arrivait et ou il allait… Je suis sortie de ma cachette et j’ai commencé à le suivre le plus discrètement possible.
Ma curiosité était plus forte que moi et bien plus forte que la peur.
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Assise à notre point de rencontre habituel, j'attends Cyrios. Je joue nerveusement avec mes mains et ne cesse de regarder aux alentours avec l'espoir d'y voir Cyrios. Une semaine avait passé sans que j'aie la moindre nouvelle de lui. Rien du tout.
Je me meurs d'inquiète de ne pas savoir où il est et pourquoi il n'est pas avec moi. Il devrait être juste sous mes yeux pourtant!
Est-ce qu'il va bien ? Comment suis-je sensé le savoir ? La connexion entre nous deux est seulement présente quand il est ici sinon il n'y a que la noire entre nos deux mondes. C'est à des moments comme celui-ci que la mort me paraît bien triste. Je n'ai le droit qu'à quelques heures par jour avec lui. Je voudrais le voir tout le temps. Le protéger en permanence.
Et s'il était mort durant la journée ? Il n'aurait donc pas pu mourir ici. Je le reverrai donc jamais ?

Non tu paniques pour rien. Il doit y avoir une explication logique», dis-je pour me rassurer.

Je me lève donc et époussette rapidement mes habits. Aujourd'hui, le portail entre nos deux mondes est ouvert. Il suffit d'aller voir mon protégé par moi-même et le ramener de force ici.
Je marche d'un pas déterminé vers ma destination, mais mes pas se font plus rapides jusqu'à ce que je sois en train de courir. L'effort me paraît insignifiant tant j'ai hâte de le voir sain et sauf. En moins de deux, j'étais devant le portail complètement haletante. Je prends une bonne inspiration et relaxe tout mon corps. Je sens le rythme de mon cœur ralentir peu à peu et les pensées néfastes s'effacer. J'avance d'un pas et me laisse submerger par un flot de sensation.

[..]

J'ouvre les yeux sur un monde différent. Je suis étalé sur un sol de pierre froide. Même si ce n'est pas la première fois que j'utilise le portail, le choc est toujours aussi puissant. J'ai la nausée et le monde ne cesse de tourner. Je dois refermer les yeux et reprendre mes esprits avant de tenter le moindre mouvement. Je compte mes inspirations. Une... deux... trois...
Quand je retrouve mon état normal, je m'assois lentement et prends ma tête entre mes mains. 2 autres minutes passent avant que je décide de me lever.
La nausée est encore présente, mais pour le reste je me porte plutôt bien. Je laisse mes sens se projeter au loin à la recherche de la moindre trace de Cyrios. Je sens un faible lien qui me relie à lui même s'il n'y a aucune trace de magie en ce monde. Je pleure presque de joie.
Je suis capable de me retrouver dans la ville et en peu de temps je me tiens devant sa porte d'entrée. Je la traverse sans trop d'efforts tout en me laissant un drôle d'effet de vide et je flotte jusqu'à sa chambre. Il est là, bien en vie et il dort. Je pose une main fantomatique sur son front et me plonge dans son esprit. Il ne rêve pas du tout. C'est anormal.


- « Je suis tout près Cyrios, réveille-toi et laisses-moi te voir sourire.»

Peu de temps après avoir infiltré son esprit, il ouvre ses yeux fatigués et son regard rencontre le mien. J'échappe un sourire. Je le prends par le poignet sans lui laisser le temps de réagir et le tire de force vers l'extérieur. Je ris à gorge déployé prise par un regain de bonheurs. Une fois dehors, lui pieds nus et moi .. et bien flottant au-dessus de sol, je le sers fort dans mes bras. Je ne ris plus.

Je pensais que tu étais mort. Je me suis tellement inquiété. Raconte-moi qu'est qui se passe.», dis-je d'une voix presque brisée.

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Les somnifères et certaines choses que l’infirmier m’avait conseillés m’aidèrent une certaine durée de temps à trouver le sommeil malgré les heures perdues à fixer le vide. Trois ou quatre jours, je venais normalement aux cours et arrivais à suivre sans grand mal ce que le professeur disait. Mais à l’inconvénient que j’étais sous médicaments, ça ne pouvait pas durer. Je sentais que ce n’était que du sommeil forcé, et l’impression que rejoindre les rêves sous cet état était impossible m’inquiétait.
Alors, j’arrêtai. Pourtant cela fit quatre jours, les rêves me semblaient indisponibles, et lorsque je cessai de prendre les médicaments, je ne dormais même plus.

Daskarina, Arnaud, Aslinn, Axel… Le rêve me manquait, ce qui n’arrangea rien.

En week-end, chance qu’il n’y eut pas classe.
Je me retrouvais dans mon lit à feuilleter brièvement les pages d’un livre, à aller et revenir au sein de mon habitation, à ranger ce qui n’était pas en place, tellement je ne savais que faire de cette insomnie. Le manque de sport m’aurait étonné ; j’en faisais régulièrement avec autant de temps que je pouvais y passer. Ceci dit, ça m’épuisait davantage.
Revenu dans ma chambre, je commençais à m’asseoir, à sentir mon cœur battre fort à cause de ma fatigue, jusqu’à m’allonger et compter bêtement les moutons. Une fois que ça allait mieux sans que je ne sente le sommeil me guetter, je me relevai.
Je finis par faire face à un miroir, où je m’observai. Mes yeux verts demeuraient cernés : j’avais l’air plus mort que l’on disait de moi.
Et à peine je les clignai une fois – une seule et misérable fois – que mon corps annonça à son tour son déclin. Je revenai donc m’allonger, inapte de faire quoi que ce soit, et attendre. Attendre que la lune se couche, que notre astre du jour se lève ; attendre que le lendemain n’arrive pour prendre mes médicaments. Certes, je voulais les revoir, savoir comment se portent-ils, mais je n’en pouvais plus.

Enfin… c’est ce que je me disais avant que je m’endorme enfin.

Je ne m’en suis pas directement aperçu. Je ne savais même plus où je me trouvais. Je ne discernais plus rien, ni le blanc du noir, ni mon corps, ni l’air… tout se mélangeait et me laissaient dans le vide. Mais ceci m’importait peu. Je savais que j’eus trouvé un moyen de me reposer, si ce ne fut dormir, si ce ne fut rêver, si ce ne fut perdre connaissance. Et je n’essayai de comprendre ce que c’était, de peur de revenir dans la réalité et m’y retrouver aussi fatigué qu’au début. Je me laissai simplement porté.
Jusqu’à ce qu’une voix me fut ouïe. Une voix que, normalement, j’entends dans les rêves – où je crus être atterri, mais il n’en fut rien.
Daskarina.

Malgré mes paupières lourdes, je forçai mes yeux à s’ouvrir. Je me constatai encore dans ma chambre, cependant avec une amie chère qui me fit oublier mon épuisement, qui réchauffait déjà mon cœur par le ravissement de la voir ici.
Puis, elle m’a pris sans me laisser le temps de faire autre-chose, m’emmena dehors et m’entoura de ses bras. Ce que je fis de même, en l’écoutant.
Effectivement, je l’avais inquiétée à force de ne pas réussir à venir.

« Je suis désolé, je ne voulais pas que tu t’en fasses autant. »

Je la lâchai alors et reculai de quelques pas, affiché au visage un air désolé.

« Seulement, depuis quelques temps je n’arrive plus à trouver le sommeil, si ce n’était par médicaments qui, eux, ne m’emmenaient pas vers les rêves. »

Et si cette insomnie n’était liée qu’à une mauvaise impression ? Un évènement qui risquait de se produire ? Je ne pouvais pas me permettre de penser à une telle chose ; ce fut peut-être une affirmation fausse, ou vraie… qui pouvait savoir ?
Et si, à cet instant, les rêves me rejetaient parce que quelque chose n’allait plus bien chez moi ? Ce monde m’était tellement inconnu que je ne savais toujours pas de quoi il était capable.
Et si… et si en fait, ils ne me laissaient pas passer leurs portes parce que j’avais quelque chose à faire ici ?
Et si… Et si… Et si quoi, encore ?
La fatigue me montait à la tête. Je me frottai mes yeux. D’ailleurs, mes cernes, étaient-elles encore présentes ?

« Daskarina… j’ai un mauvais pressentiment. »

Elle avait dû rejoindre notre monde par le portail, ce qui veut dire qu’il est ouvert. Sans doute aurais-je trouvé meilleur refuge dans le rêve pour mieux me reposer. Mais je ne savais pas si, en traversant ce portail, je devais le retraverser pour rentrer, ou me réveiller comme d’habitude – ce qui paraitrait illogique. De toute façon, j’avais Daskarina à mes côtés. Je me sentais déjà plus en sécurité.

« Mais… ne t’en préoccupe pas, c’est sans doute la fatigue. »

Il ne faisait pas si frais que ça. A travers le pull et le pantalon avec lesquels je dors, le léger souffle  du vent qui soulevait mes cheveux n’était pas désagréable.

« Ça me fait plaisir de te voir, moi qui ne pouvais pas te rejoindre. Tu vas comment depuis ? »

Malgré le petit sourire qui s’empara de mes lèvres, il me restait toujours en tête ce mauvais pressentiment auquel je faisais référence.

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J’ai tenté de le suivre de loin en faisant le moins de bruit possible et en me cachant dans l’ombre. Ce n’étais pas un bien grand défi puisqu’il était absorbé dans sa conversation à sens unique avec...lui-même. Je comprend enfin pourquoi il a l’air aussi fatigué tout le temps. Il ne dort pas la nuit et déambule dans la ville en se parlant à lui-même!

C’était un peu méchant de juger sans tout savoir… Mais comment peut on ne pas sauter aux conclusions en étant témoin d’une scène du genre? En me sentant mal de juger ainsi un ami j’ai continué de le suivre. Il me fallait une preuve que c’était bien ce que je pensais...et j'étais curieuse de savoir ou il allait.

Après avoir marché sur quelques rues et après avoir emprunté quelques raccourcis nous sommes arrivé dans un parc. Plus nous nous éloignions de la rue et plus l’éclairage se faisait rare. Il y avait quand même quelques lampadaires çà et là et je m'efforçais de rester dans l’ombre en gardant mon ami à portée de vue et d’oreille. Je pouvais entendre quelques mots qu’il prononçait mais pas assez pour en faire des phrases ayant du sens.

Je me suis approchée pour mieux l’entendre et j’ai vu qu’il n’avait toujours pas remarqué que je le suivais. Peut-être n’était-il que somnambule? Ça aurait fait beaucoup de sens. Il marchait à travers la ville en parlant dans le vide et semblait même avoir une conversation. Ça expliquerait aussi sa fatigue et son air de revenant qui s’aggrave. S’il est endormi ça peut être dangereux qu’il se balade comme ça… Une raison de plus pour le suivre!

La peur avait disparu comme une ombre vers laquelle on pointe une lumière. J’allais mieux jusqu’à ce que je vois par où nous allions et que je comprenne où nous étions. Je ne m’en était pas aperçu puisque durant la nuit tout est différent. Avoir su que j'aboutirais ici encore une fois je serais retournée dans mon lit il y a longtemps et j’aurais cessé d’y penser. Je voulais m’en aller mais l’idée de m’éloigner de la seule personne en vie aux alentours me terrifiait. J’ai continué à le suivre pendant qu’il traversait l'espace vert et qu’il s’approchait des portes du cimetière. Finalement m'assoir dans mon lit et me tourner les pouces ne me parait pas comme une si mauvaise option.
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J'écoute les explications de Cyrios avaient intérêt en l'observant du coin de l’œil alors que nous marchons côte à côte. Les cernes se sont accumulés, son teint est encore plus pâle qu'à l'habitude et il manque de stabilité dans sa démarche. Son corps ne supportera pas une autre journée sans sommeil. Mon ventre se noue. Chaque jour son esprit s’éloigne de plus en plus du rêve et peut-être est-il possible que la connexion se rompe à tout jamais. Son regardé croise le mien et je l’entends dire

« Daskarina… j’ai un mauvais pressentiment. »

Ce me fit l'effet d'une claque. Bien qu'il mette cette impression sur l'effet de la fatigue, les mauvais pressentiments n'augurent jamais rien de bon. Je nous revois retraverser toutes ces dures épreuves et j'en ai les larmes aux yeux. J'ai tant souffert et je ne veux plus que rien de tel de se produise. Je vais perdre la raison si quelqu’un d'autre vient à mourir ou souffrir à cause de moi. Par réflexe, je me mets sur les gardes et je ne cesse de jeter des coups d’œils derrière mon dos avec l’affreux sentiment d'être suivie. La douce voix de Cyrios qui me fait part de sa joie de me revoir apaise légèrement la tension qui s'accumulait en moi.

« Eh bien... je vais mieux.»

Je ne vais pas encore bien, mais je suis passé l'acceptation de mes actes. La disparition de Cyrios a occupé le gros de mes pensées ces derniers temps et tout le reste m'a semblé être insignifiant.

Comme j'ai changé. Je suis passé de l'être solitaire, terrifiant qui n'interagissais avec personne à l'ange Gardien d'un rêveur que je vais jusqu'à revenir dans le monde des vivants pour le retrouver. Si on m'aurait narré tous les événements depuis le jour de sa rencontre, j'aurais ri à n'en pleurer.

Alors que nous traversons l'entrée du cimetière, je ressens un élan d'énergie. Le portail est proche. Venir dans ce monde me tire toute ma force vitale, c'est pourquoi j'ai voulu retourner ici sans perdre de temps. Pardonne-moi encore Cyrios pour ce dur réveil...

J'observe mon corps redevenir peu à peu à la normal. Je conserve mon allure fantomatique néanmoins, je ne suis plus aussi translucide. Nous sommes à quelques mètres du portail. Il dégage une force magique assé grande pour couvrir le cimetière au complet. Je ne serais pas surprise si nous croiserions un fantôme sur notre route. Cela me fit réaliser que je devais urger le pas. N'importe quelle mortelle passant par là pourrait amplement me voir ici. Une fois au couvert des arbres je devais exposer la situation à mon cher protégé.

« Hey Cyrios, tu sais ton corps ne pourra pas traverser le portail. Nous, créatures des rêves, n'avons aucune forme physique c'est pourquoi nous pouvons traverser les deux mondes, mais toi seul ton âme traversera et les risques sont élevés que tu ne puisses plus revenir dans ton corps. »

Je réalise soudainement les conséquences que cela apporterait. Peut-être que...

« Je peux te guérir ici-même avec la force magique que dégage le portail ou alors tu peux venir vivre avec moi pour toujours dans le rêve. »

Je suis surprise moi-même que ces mots sortent de ma bouche.

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Je me sentais encore fatigué, cependant elle ressemblait à un petit grain de sable auquel je ne devais plus prêter attention.

L’endroit où nous nous dirigions, je ne m’en préoccupais pas vraiment. Je préférais me focaliser sur la présence de Daskarina – enfin, qu’elle m’avait manqué !- en me disant que ce pressentiment n’était peut-être que mon imagination. Rien que le fait de penser à tout ce qui s’était passé dernièrement – dans cette maison hantée, ce cauchemar, Arnaud, et j’en-passe – me laisse croire que tout n’était œuvre que d’un simple rêve. Que c’était bien trop fantastique pour être vrai. Que, à n’importe quel moment, je pouvais me réveiller en n’ayant conscience de rien, et que le monde des rêves n’ait jamais existé. Que Daskarina n’était qu’une volonté de mon esprit de vouloir une compagnie, derrière qui me réfugier. Qu’Arnaud ne soit plus qu’un fantôme dérouté, perdu dans le fond de sa mort.
Mais je me dis que, si cela n’était réellement qu’un rêve, j’aimerais ne jamais me réveiller, et continuer ces histoires folles que je n’aurais même pas imaginées – bien qu’il m’était arrivé trop de choses déjà pour que j’arrive à voir un autre événement se produire.
Et puis, comment allait Arnaud, Axel, Ameyami, Skye, Aslinn ? Daskarina, elle, me répondit qu’elle allait mieux. – Oh, n’allait-elle pas bien pour répondre ainsi ? J’espérais ne pas en être la cause.

Je me focalisai finalement sur notre but – et les portes que nous traversâmes étaient celles du cimetière. Ah, cet endroit ; je ne voulais pas vraiment y retourner – surtout la nuit, qui s’y aventurerait ?-.  Il m’a seulement était compris que Daskarina venait du portail : elle m’y emmenait sans doute, alors que je ne pensais pas qu’il demeurait à un tel lieu.
Oh.
Malgré la faible lumière qui éclairait l’endroit, je voyais les pierres tombales ici et là, avec leurs noms qui, quant à eux, étaient presque illisibles. En plus de la pleine lune et ce ciel foncé, l’ambiance semblait lugubre, et ce pressentiment ne me quitta pas. J’eus des soudains frissons dans le dos. Va-t-il se passer quelque chose ?
La voix de Daskarina me ramena à moi.

Elle commença à m’expliquer les enjeux que présentait la traversée le portail par un être comme moi – détenant un corps apparemment dit physique. Je fus inquiet à l’idée de pouvoir ne plus revenir. Certes, je menais plus une vie dans les rêves en compagnie de mes amis, mais quelque chose me retenait ici ; je ne voulais pas prendre le risque de regretter une chose de cette vie, même la plus insignifiante. Puis, ça paraissait aussi « mourir », parce que mon âme aurait été prisonnière des rêves. Et qu’est-ce qu’Arnaud aurait dit s’il apprenait que j’étais « mort » ? - Des personnes pleureraient-elles ma mort, d’ailleurs ?

« Daskarina… Je préfère que tu me soignes ici. Je n’aimerais pas… Enfin, ce n’est pas que je ne veux pas vivre avec toi, loin de là. Mais... Comment t’expliquer ça..? »

Je perdais mes mots, et je me retournai, posant un regard vague sur la ville derrière l’entrée du cimetière. Peut-être m’y étais-je attaché – même s’il y avait la même dans les rêves, ce n’était pas pareil ; peut-être n’aimais-je pas tant que ça le monde des rêves ? Je ne parvins pas à trouver l’exacte raison du pourquoi ne voulus-je pas rejoindre définitivement Daskarina.

… Qu’est-ce que..?
Je remarquai soudainement une touffe de cheveux blonds et épais. J’oubliai un court instant la présence de Daskarina et tentai de mieux distinguer cette silhouette familière. Que faisait-elle ici à cette heure-ci ?

« Maav ? » dis-je à voix assez haute dans le but qu’elle puisse m’entendre.

Mais au même moment où je fis un pas vers elle, une brusque sensation étrange me figea sur place - derrière moi, il y avait quelque chose, loin ou proche ; j’hésitai pourtant à jeter un coup d’œil, mais ça me rappelait ce que je ressentais en présence de ce cauchemar qui m’avait longtemps couru après. Etait-ce le portail qui me permettait de percevoir de telles choses ? – Il semblait renforcer la vitalité des êtres des rêves dans ce monde, en preuve que Daskarina n’était plus diaphane.
C'est peut-être Daskarina...

« Daskarina..? » Lançai-je, interdit, histoire de m'en assurer.

Seul ma tête pivota pour laisser mon regard percevoir à mon dos.

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Juste comme j'étais enfin certaine de ne pas me faire repérer, on m'a remarqué. J'ai voulu me cacher derrière une pierre tombale (sans offense à la personne qui repose) mais elle était trop petite.

«Maav?»

C'était la voix de Cyrios. Il m'avait trouvé et reconnu. Je me suis levée et je me suis rapprochée. J'avais tellement honte, je ne savais pas quoi lui dire. "Bonsoir, je t"ai suivi parce que tu parlais tout seul et j'ai trouvé ça louche." Ce n'est pas si simple et je ne voulais pas le vexer...

Je n'ai pas eu besoin de m'expliquer. Il a fait un pas au moment ou j'ai ouvert la bouche pour m'excuser et soudainement il s'est figé. L'expression qu'il affichait sur son visage m'a fait peur.  J'avais des raisons d'être inquiète. Mon angoisse à refait surface et des souvenirs de mon cauchemar sont revenus. C'est comme dans mon rêve

Finalement la peur a paru disparaitre de son visage un bref moment et il s'est retourné vers le vide derrière lui pour parler à une certaine Daskarina.

« Cyrios? À qui parles-tu? Je ne vois personne...»
À cet instant j'aurais aimé pouvoir retirer mes paroles. J'ai vu une jeune fille s'approcher. Elle était toute blanche, j'ai cru qu'il s'agissait de l'effet du ciel de nuit sur elle mais une étrange lueur, comme une aura, l'entourait. Ses cheveux... Ses cheveux étaient de la même couleur que l'argent et flottaient dans une brise que je ne pouvais ressentir. Ils ressemblaient à de la brume pendant un matin humide tellement ils avaient l'air léger.
Sa peau était si blanche. Plus que celle de Cyrios. Je pouvais même voir ce qui était derrière elle...Quoi?
Elle...est transparente?

« Cyrios, c'est un fantôme? Elle est réellement là ou j'hallucine?» J'ai commencé à paniquer et j'ai voulu m'éloigner mais j'ai heurté quelque chose. J'ai regardé ce que c'était et la seconde d'après j'ai ressenti une douleur intense au visage.
La douleur était si poignante que je n'ai même pas eu la force de crier. Mon visage s'est tordu comme si je criais mais aucun son n'est sorti. Je suis tombée et j'ai cru que j'allais perdre connaissance.
J'ai crié et porté mes mains à mon visage. Quand j'ai voulu regarder mes mains je ne voyais plus rien de l'oeil droit. De mon oeil gauche je voyais mes mains couvertes de sang. J'avais horriblement mal à la joue. J'ai voulu tâter pour voir si j'étais blessée là aussi mais je n'ai pas senti ma joue. Mes doigts se sont enfoncé dans ma chair. J'ai crié une seconde fois, de panique et de peur. Ma bouche s'est remplie du sang qui s'écoulait de ma joue déchirée.

De l'oeil qu'il me restait j'ai regardé ce qui m'avait fait ça. Son sourire sadique avec ses dents pointues. Il me regardait de haut avec ses yeux brûlant de plaisir devant ma souffrance. C'était le monstre de mon rêve. Le démon qui m'avait empêché de dormir. J'aurais mieux fait de rester dans mon lit à me tourner les pouces, j'aurais peut-être encore la partie droite de mon visage.

Un mélange de sang et de larmes coulait sur mon visage. J'ai regardé le fantôme que Cyrios avait appelé Daskarina. Mon regard s'est tourné vers Cyrios. Je me suis levée en vitesse et j'ai tenté d'aller vers eux mais mes cheveux étaient coincé dans quelque chose. J'ai eu beau tirer et tirer je n'ai rien pu faire.

« AIDEZ-MOI! »

Je me suis retournée pour essayer de décoincer mes cheveux mais ils ne s'étaient pas emmêlés dans une branche. C'était la chose qui les tenait. Je me suis sentie faiblir. Je perdais de plus en plus de sang et je tirais sur mes propres cheveux pour me sauver. J'avais mal, j'avais peur, je sentais la nuit devenir plus noire et plus froide à chaque seconde.
Quand je croyais que ça serait fini, il m'a lâché. Une lueur d'espoir. J'ai couru comme j'ai pu vers Cyrios. J'étais presque arrivée. Le démon avançait à pas lent et l'adrénaline à cessé de faire son effet. Je me suis affaissée au sol. J'ai allongé ma main en avant en un vain effort pour trouver une prise à agripper et me trainer plus loin avant que la chose m’attrape.

J'ai regardé le fantôme qui n'était pas tellement loin de moi. Je l'ai supplié du regard. Si elle pouvait faire quelque chose...
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Cyrios avait refusé mon offre de me rejoindre dans le rêve. je m'y attendais, mais je ressentais le besoin de lui demander. Lui exposer une possibilité qui lui sera toujours offert. Je n'ai pas voulu insister puisque la question le rend quelque peu mal à l'aise. Je lui propose, d'un certain point de vue, de mourir. La mort est quelque chose de terrifiant pour n'importe qui.

Soudainement Cyrios apela un nom que je n'avais jamais entendu et je suivis son regard pour y découvrir une jeune humaine. Elle était jolie avec ses traits fins , ses grand yeux émeraudes et ses cheveux blonds interminables. Elle ne dégageait pas une aura de rêveuse. Par réflexe, je recule un peu plus dans l'ombre pour ne pas être remarqué. Je me surpris à l'observer d'un regard méfiant comme si elle allait me prendre Cyrios. Je secouais rapidement la tête pour chasser cette stupide pensée.
C'est alors que la température chute brutalement. Les ténèbres s'assombrirent et un vent glacial me fit frissonner. Mon regard passe lentement au portail. Un démon s'y tient bien droit , un sourire malin aux lèvres. Cyrios se retourne vers moi et d'une voix inquiète il appelle mon nom. Je suis pétrifié sur place et les mots moururent dans ma gorge.
L'humaine est confuse et pose des tas de questions que mon esprit n'est pas état d'analyser. Mon regard est fixé sur le démon derrière elle. Les ténèbres rampent à ses pieds tels des serpents ce qui donne l'impression qu'il se tient sur un nuage de fumée aussi noir la suie. Ce n'est pas un cauchemar comme les autres comme l'ont n'en retrouve un peu partout dans le rêve, peu habile et sans raison. Non celui-là me donne la chair de poule et dégage une telle puissance maléfique que je ne peux rien faire d'autre que d'être clouée sur place, tremblante et incapable de réfléchir correctement. Le premier cri retentit et j'eut la nausée. Le démon avait arraché une partie du visage de la jeune fille. Elle convulse sur le sol les doigts à même la chair. Le sang coule à flots. Il y en a sur ses mains et sur les miennes. Sur les miennes ? Les cris deviennent mes cris ou alors ceux de mes deux victimes. Je prends ma tête dans mes mains et ferme les yeux. Je marmonne sans arrêt que je suis désolée pour chasser les cris. jesuisdésoléejesuisdésoléejesuisdésolée..

« AIDEZ-MOI! »

Encore déboussolée je relève la tête et je regarde l'humaine se débattre de toutes ses forces pour échapper à la prise du démon qui la retient par les cheveux. Il finit par la lâcher et sans plus attendre elle se précipite vers nous, mais trébuche avant d'atteindre Cyrios. Cyrios
Je lutte contre la peur pour me rapprocher de Cyrios et de retenir par le poignet.
Je le tiens avec tellement de force que mes ongles s'incrustent dans sa peau. Je l'empêche de se porter à son secours. Alors que le démon approche d'un pas lent et que l'humaine se traine vers nous je lève lentement un bras et vise le démon de ma paume. Ma main tremble.

« Je n'empêcherais pas un cauchemar d'avoir sa proie si j'étais toi. Certainement pas avec des pouvoirs aussi insignifiants.»

La voix du cauchemar est grave et me glace le sang. Il écrase le crâne de la fille au sol avec son pied et nous regarde d'un air amusé. En un battement de cils, le cauchemar est devant nous. Les ténèbres à ses pieds nous encercle et je sentis mon esprit s'enivrer de cette force. La flamme sombre en moi vacille faiblement.

« Comme c'est intéressant. Vous savez, on parle de vous dans le rêve. Le fantôme marqué d'un démon aux pouvoirs étranges , dit-il en me désignant du doigt suivi de Cyrios, et le petit rêveur qui l'accompagne. Ce n'est pas très astucieux de te mettre les 9 enfers sur le dos. Néanmoins, je devrais vous remercier d'avoir amené avec vous cette petite humaine. »

Il passe alors derrière nous et je sentis ses serpents obscurs s'enrouler autour de mes jambes jusqu'au bras que je tenais toujours en face de moi. Mon corps tremble d’anticipation au contact des ténèbres.

« Tu ne peux pas sauver tout le monde n'est-ce pas ? », finit-il par me dire en jetant un coup d'oeil vers mon protégé.

Les serpents me lâchèrent pour retourner au pied de leur maître et mon esprit quitte sa transe pour se vider de toute pensée. Mon bras retombe le long de mon corps. Le message était clair. Lui ou elle. Je n'avais pas besoin d'y réfléchir. Le démon en profite pour retourner à sa proie qui se meurt sur le sol. La perte de sang l'affaiblit et seuls ses lamentations se font entendre à présent. Il lui tire les cheveux et son regard croise le mien. Je laisse un désolé s'échapper jusqu'à elle. Je serre la mâchoire. Ma poigne sur Cyrios va lui casser le poignet, mais je ne le lâcherais pas. Nous sommes impuissants contre lui et jamais je ne le laisserais agir sur un coup de tête. Même si c'est une amie.
Il me détestera si c'est pour l'empêcher de subir le même châtiment.

Les cris reprirent leur cours et les pensées néfastes m'envahis. La peur, le regret,  la tristesse, la honte. «Regardes ce que tu laisses se produire parce que tu n'es pas assé puissante. Pense à sa famille qui va pleurer sa mort. Tu n'es qu'une trouillarde. La regarder mourir en plus quel monstre.» Je les laisse couler une par une. Sans ciller, sans détourner le regard. Après un moment le démon semble satisfait. Les ténèbres relâchent le corps lacéré de la victime. Il prend la direction du portail en s'arrêtant brièvement près de nous.

« Sur ce, je vous laisse vous occuper du corps.»

Son rire est purement diabolique. Sans plus attendre je relâche Cyrios et avance calmement vers ce qui reste de l'humaine. Sa poitrine se soulève encore faiblement. Je m'accroupis au sol et pose sa tête sur mes genoux. La scène est tout simplement horrible à voir. Le seul oeil qui lui reste est ouvert bougé nerveusement dans tous les sens. Son corps trésaille entre mes mains. Je lui envoie automatiquement des pensées apaisantes. La soignée est impossible. Je soupire et lui affiche un sourire serein. Je caresse ses longs cheveux ensanglantés. Mourir seule dans la souffrance a été une expérience traumatisante pour mon âme alors je fais de mon mieux pour qu'elle puisse trouver la paix à sa mort.


« C'est terminé maintenant. Tu peux fermer les yeux et t'endormir. Tu verras tu vas te sentir mieux quand tu te réveilleras là-haut. Tu sais j'avais peur de mourir moi aussi, mais crois-moi il n'y a rien de bien terrifiant là-haut. Tu vas voir tu vas te sentir bien mieux. »

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Rêveur


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Maav s’approcha en me demandant à qui parlais-je. C’est vrai qu’il m’avait semblé que dans le monde réel, seul les rêveurs et habitants venus des rêves pouvaient voir les autres. Et Daskarina n’était peut-être pas assez proche pour que mon amie la remarque. J’eus peur de la troubler ; je ne trouvai rien à lui répondre ; sauf qu’elle finit par se rendre compte que je n’étais pas seul – ce qui m’arrangea.

« Cyrios, c'est un fantôme? Elle est réellement là ou j'hallucine? »

Maav… J’aurais voulu lui répondre, mais tout bascula soudainement – un peu trop rapidement, peut-être, pour que je trouve les mots à lui dire. Puis elle recula, l’air inquiet. Non, Maav, tu n’as pas à avoir peur… […]

Daskarina ne me répondit pas. Cette sensation, ce n’était pas elle ; je m’en doutais assez, mais dans l’inquiétude, je voulais m’en assurer. Et son silence ne fit qu’aggraver mes craintes : cette ambiance lugubre, ce froid soudain, cette présence maléfique et amplifiée ; plus rien n’allait. Rien.
Un cri d’horreur s’échappa de ma bouche.
J’aurais dû me fier à ce mauvais pressentiment. J’aurais dû m’éloigner tant qu’il fut encore temps. J’aurais pu éviter tout ça ; toute cette peine que Maav n’aurait pas dû subir : elle n’était au courant de rien ! Pourquoi elle, simple habitante du monde réel ? Elle saignait abondement, et je voyais son visage terrifié. Elle ne devait pas comprendre ce qu’il se passait – et moi, je n’arrivais pas à me ressaisir.
Je voyais l’être derrière elle – et cette aura qu’il dégageait que je sentais grâce au portail. Je voyais son maudit sourire narquois, son regard perçant – qui pénétrait encore et encore mon âme jusqu’à arroser une graine de peur. Je voyais sa main porteuse de la peau qu’il venait arracher et, à côté, l’œil déchiqueté de Maav – elle criait, elle implorait de l’aide !
Je voulais réagir. Je faillis courir vers elle, mais Daskarina m’en empêcha.

« MAAV !! »

Ma voix ne hurlait plus d’horreur. Elle fut le produit d’une tristesse sans réconfort et d’une haine implacable.

« Je n'empêcherais pas un cauchemar d'avoir sa proie si j'étais toi. Certainement pas avec des pouvoirs aussi insignifiants.»

Il s’approchait d’un air amusé et satisfait tandis que je le fusillais du regard, incapable de tenir en place. Daskarina me tenait, jusqu’à m’écorcher légèrement ma peau ; elle me tenait fort, et je n’arrivais à me dégager. Pourtant je m’imaginais courir vers ce foutu s…
Fous-lui la paix, fous-lui la paix !

Il se retrouva en face de nous – je me pétrifiai, comme un lapin coincé qu’on approchait. Mais mes yeux verts soutenaient son regard ; je tentai de percevoir dans son regard noir le moindre plaisir qu’il éprouvait en faisant ça. Il y en avait tant. Que de souffrance.
Il s’en prit ensuite à Daskarina.
Lâche-la…

« Comme c'est intéressant. Vous savez, on parle de vous dans le rêve. Le fantôme marqué d'un démon aux pouvoirs étranges et le petit rêveur qui l'accompagne. Ce n'est pas très astucieux de te mettre les 9 enfers sur le dos. Néanmoins, je devrais vous remercier d'avoir amené avec vous cette petite humaine. »

Ma bouche s’entrouvrit, un sanglot m’échappa presque. Je n’avais jamais senti un tel sentiment de rage et de culpabilité ; derrière il y avait Maav, et je ne pouvais rien faire, impuissant.
Finalement, je la considérais comme une réelle amie. Je m’étais attaché à elle sans m’en rendre compte. Et à peine je ne puis la remercier que je la vis disparaître. Comme Arnaud – mais encore, j’eus la chance de le revoir, mais Maav, pourrai-je un jour me faire pardonner de ne pas avoir agi ? Je commets la même erreur : celle d’attendre que tout soit fini pour regretter par la suite.

Je ne suivis pas le reste des événements, me contentant de fixer notre assaillant revenir vers Maav.

« MAAV ! NON, MAAV !! »

Je me remis à hurler jusqu’à me racler la gorge. Je sentais Daskarina me tenir fermement le poignet. Je ressentais à nouveau cette douleur de perdre un proche - le seul avec qui on s’était noué d’amitié, qui part petit à petit sous nos yeux, sans que l’on puisse agir.
Je ne pouvais pas m’empêcher de regarder cette scène atroce tout en ne cessant de crier son nom. Je sentais mon estomac se nouer, mon âme se vider de toute espérance. Si Daskarina me lâchait, je n’aurais été qu’une poupée pleine de rage et de besoin de vengeance. Envers lui. Envers la chance.
Jusqu’à ce que tout prenne un point ; que le cauchemar s’en aille dans un rire détestable, laissant sa victime à terre ; et que Daskarina me lâche enfin.

« Maav ! »

Je me précipitai vers elle, manquant de glisser et de me vautrer. Et un nouveau sanglot fit surface, que j’étouffai en secouant ma tête. Ma protectrice se tenait là, un air désolé au visage ; elle portait sur ses genoux la tête sanglante de mon amie, qui n’allait plus tenir bien longtemps.

« On… On ne peut plus rien… hein..? »

Je savais qu’on n’y pouvait plus rien. Mais je cherchais un espoir – ne serait-ce que le plus petit qui soit.

« Maav… je suis tellement désolé… je n'ai rien pu faire... tu n’aurais pas dû subir tout ça… »

Des larmes remplirent mes yeux, leur donnant un reflet fluide. Je voyais son œil vert, son visage détruit, ses vêtements souillés par son propre sang.

« On n’a même pas pu retrouver tes bottes et ce vendeur de barbe à papa… »

Un rire. Je me mis à rire doucement, une larme roulant sur ma joue. Je ne savais plus où me placer ; je ne savais plus que faire. Si je devais pleurer pour elle ou rire d’ironie.
Je me souvins alors que dans mes poches, je gardais toujours un chouchou de rechange, et celui que j’avais acheté, que je trouvais mignon. Je le sortis, m’efforçai de m’emparer d’une main froide de Maav et de le lui glisser entre les doigts.

« Je n’ai jamais pu te remercier suffisamment pour avoir été là pour moi, ces derniers temps. »

Et il est un peu trop tard pour que tu puisses te servir de ce chouchou…
Un dernier sanglot m’échappa et fit place à des larmes. Je pleurai. Et je pleurais sans me retenir, même si j’allais jusqu’à m’étouffer de ces larmes nombreuses. J’eus du mal à prononcer le reste - ce reste m'arracha la gorge de plein fouet.

« Repose en paix. »

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Elle n'a pas réagi à mon regard suppliant. Je l'ai vu retenir Cyrios et lever la main vers la chose. J'ai entendu une voix terrifiante, une voix qui faisait mal. C'était vague, je n'entendais plus que des murmures lointain. La douleur à mon visage était si forte, je pensais perdre conscience bientôt quand quelque chose de lourd s'est appuyé sur ma tête, m'empêchant de bouger. Une nouvelle douleur s'est fait sentir et m'a ramené à moi.

Le poids sur ma tête s'est enlevé et la voix s'est fait entendre à nouveau. Cette fois elle m'a donné la nausée. L'entendre me répugnait.
La chose qui avait cette voix est parti vers le fantôme et Cyrios. Je savais que j'étais condamnée mais je ne voulais pas qu'ils leur arrive quelque chose. Je ne tenais pas à entrainer quelqu'un avec moi dans la mort... Même si la jeune fille que je voyais était déjà morte.

Je ne distinguait plus rien. Tout était embrouillé, comme si j'avais de l'eau dans les yeux. Je pleurais encore et je ne pouvais pas chasser les larmes de mon oeil par moi même. Je ne pouvais même pas essuyer mes larmes. Mon corps ne répondait plus à mes commandes. Je n'avais plus de sensations aux extrémités et j'avais de plus en plus froid...

Avant même que je m'en rende compte la bête est revenue vers moi et m'a attaqué encore une fois. La douleur.

La souffrance que je ressentais, je ne pouvais rien faire, j'allais mourir et j'étais désespérée. Pour échapper à la douleur je me suis réfugiée dans le fin fond de mes pensées. Les cris que je poussais étaient des réflex, je n'étais plus là. Je m'imaginais dans mon lit entrain de me réveiller d'un cauchemar. J'espérais me réveiller dans mon lit mais la réalité n'étais pas ce que j'avais imaginé dans ma tête. La réalité était l'endroit où on me découpait la peau à coups de griffes et où je me vidais de mon sang.

Ça s'est arrêté. Ça s'est finalement arrêté. Je souffrais encore mais j'étais soulagée d'une manière. La douleur allait bientôt cesser. Bientôt je ne souffrirai plus.

J'ai commencé à paniquer quand j'ai commencer à perdre la vue. Je voyais de moins en moins bien, tout devenait sombre et flou. J'ai senti quelqu'un me soulever la tête et la déposer sur quelque chose d'agréable. Plus chaud que le sol. Je pouvais distinguer une forme et je voyais une lueur. Ça devait être le fantôme.

J'entendais vaguement la voix de Cyrios mais je ne pouvais pas comprendre ce qu'il disait. Je me sentais comme si mes oreilles étaient bouchées. J'ai fini par comprendre les mots "barbe à papa" et j'ai entendu rire. Ça m'a fait chaud au coeur. De beaux souvenirs et un dernier rire pour m'accompagner dans le grand voyage.
Mes mains étaient engourdies mais j'ai pu sentir quelque chose. Je ne saurais dire ce que c'était mais j'ai su que c'était mon ami qui avait provoqué cette sensation sur ma paume.
Quelques derniers mots de sa part et ce fut au tour du fantôme de me parler.

Des paroles d'encouragement pour m'apaiser et essayer de dissiper mes craintes. Je souffrais tellement, la mort me paraissait comme une délivrance. Comme une récompense pour le martyr que je venais d'endurer.

J'ai senti la mort venir me chercher, elle m'attendait patiemment. J'ai prononcé mes dernier mots. J'ai dis au revoir et je me suis laissée glisser dans les bras de la grande faucheuse.
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Curiosity killed the cat [Cyrios, Daskarina et Maav]
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