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Un violon au clair de lune.
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En regardant la lune se lever et éclairer la nuit j'ai réalisé que j’observais le ciel depuis que le soleil avait commencé à se coucher. Dans mon éternité ça ne m'a paru que comme quelques minutes même si je savais que ça faisait des heures. Pour oublier que ma notion du temps faisait défaut je suis sortie pour observer la ville s'endormir.

Déambuler dans les rues ne m'as apporté rien de bon. Seule avec des pensées tristes et mon archet dans ma main droite, je regardais le trottoir défiler devant moi au fur et à mesure que j'avançais. Dans les fenêtres des maisons éclairé je pouvais voir des familles heureuses qui me faisait sentir coupable d'avoir abandonné la mienne et des gens seuls qui me rappelait comme je l'étais. Amour et chaleur dans certains foyers tandis que dans d'autres régnait la tristesse.

Mes jambes infatigables m'ont porté longtemps dans la fraicheur de la soirée. En pensant à l'humidité froide j'ai frissonné. Bien que je ne puisse la sentir sur ma peau le souvenir de cette sensation m'était suffisante. Ne voulant plus penser à l'absence du sens du toucher j'ai traverser la porte d'un bâtiment au hasard.

En passant dans les couloirs devant de nombreuses portes closes je n'ai pas pu m'empêcher de penser à quel point c'était lugubre dans cet endroit sans personne pour y mettre de la vie. Toutes les classes étaient vides, toutes les portes étaient fermées et toutes les lumières étaient éteintes. J'ai concentré mon énergie dans mes pieds pour les rendre solide et couvrir le silence par le bruit de mes pas.

Je suis entrée dans la première porte ouverte et me suis installée sur le bord d'une fenêtre qui avait été oubliée ouverte. En jetant un coup d’œil vers le bas je me suis aperçue que j'étais au deuxième étage et que la lune éclairait faiblement le gazon qui se trouvait en bas.

Encore le silence. Toujours le silence. Un silence qui m'agresse et me rend folle! Cette pensée m'a enragée. La tristesse a fait place à la colère et je me suis mise à crier à la lune.
«Même le bruit de mon souffle ne peut couvrir le silence! Pas même le battement de mon cœur ne peut rendre muet cet assourdissant silence! Parce que je ne respire plus et que mon sang ne coule plus dans mes veines!» Même ces hurlements désespérés ne pourraient être entendus puisque je n'avais plus de voix.

En serrant mon archet de la main gauche, je fit apparaitre mon violon dans ma main droite. Je concentrai mon énergie dans mes mains, dans mon archet et dans mon violon.
Je n'ai plus de larmes à verser puisque je n'ai plus de corps mais mon violon peut pleurer pour moi sans se fatiguer.
Je commençai à jouer.
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Cela devait faire un bon moment que j’étais réveillé, observant mon plafond comme si plusieurs étoiles y demeuraient et m’attiraient dans un monde où je me perdais. C’est parfois perturbant de se dire que l’on est rêveur, que les rêves et les cauchemars sont pour soi réels ; que rêver de mourir était un autre fait, que ça aurait très bien pu arriver. Et ensuite, que me serait-il arrivé ? Serais-je devenu un simple humain pour qui les rêves et les cauchemars ne sont que fictions et fruits du subconscient ou aurais-je perdu mon âme, celle qui me permet de penser subjectivement ? Il y a malheureusement des questions que je préférai écarter, me contentant du fait que le sommeil est une porte et non un nuage, trop lourde pour changer un jour – et, après tout, ce monde m’avait permis de retrouver Arnaud et de me bâtir l’entourage dont « rêvaient » mes parents pour moi avant de me laisser à WarrenPoint.

Mais, allongé sur un lit à la quête du sommeil, me demandant où se trouvait Daskarina, comment allait mon amie la licorne, je me sentais vide. Les nuits où je pensais trop m’enfermaient dans un sentiment de solitude et je ne pouvais pas m’en défaire si je ne cessais pas de réfléchir. Cette nuit-là n’en fut guère une exception.

Je décidai de me lever histoire de me balader ; me fatiguer était sans doute la meilleure solution ; le moral perdu dans mes songes aurait retrouvé son coin dans mes chaussettes, et au moins il y serait en paix. Je sortis du lit vêtu d’un pantalon noir, ainsi en furent mes tennis, avec un col roulé gris sous ma longue veste. Je regardai un instant mon écharpe, soigneusement pliée sur ma table de chevet, avant de me résigner à rejoindre ma salle de bain sans la prendre. Je me rinçai donc le visage, observant cet homme qui me regardait derrière le miroir, aux yeux verts et à la peau maladivement  pâle, puis je pris le temps de coiffer mes cheveux sans les attacher. Je franchis enfin la porte, les mains dans les poches de mon bas ; il faisait plutôt frais, mais mes vêtements me protégeaient entièrement de cette nuit.

Je ne savais pas pourquoi mes pas me menèrent à mon école. Le bâtiment semblait vide et empli de tristesse quand les élèves ne colonisaient pas sa cour. Il donnait un air plus imposant, moins accueillant ; les sourires qui y logeaient entre amis avaient disparu, laissant derrière eux cette obscurité presque blessante de la nuit.

Je pensais au début rebrousser chemin : je n’avais rien à faire ici, pas avec les ténèbres qui me traquaient dès que je détournais le regard. Mais l’entente soudaine d’un air de violon m’incita à poursuivre mon chemin. Je voulais savoir quel genre d’élèves pouvait être ici à une telle heure, surtout pour jouer de la musique sans avoir peur de réveiller le voisinage, visiblement. La musique était cependant émouvante ; elle envoyait dans l’air des notes que l'on verrait pleurer, des notes tristes entre elles, revêtant leurs robes noires et blanches. La musique en était dramatique, voire nostalgique, et je ressentis étrangement la douleur de celui ou celle qui l’aurait composée.

La musique me parvint finalement assez forte pour que sa source ne paraisse plus loin. Comme elle semblait venir d’en haut, je levai la tête. Et, ainsi, je tombai sur elle.
C’était une jeune femme assise sur le bord d’une fenêtre du deuxième étage. Elle portait une robe rouge sang qui donnait un air bien médiévale, et je pus apercevoir ses cheveux couleur chocolat, prisonniers de belles ondulations, une peau pâle que je crus voir translucide et un bras qui faisait danser un archet sur le violon dont elle se servait.

Je me taisais, la regardant d’un air absent et en écoutant la musique qui devait évoquer son passé. Les questions viendraient plus tard – Qui était-elle ? Je ne l’avais jamais vu dans les parages. Un coup de vent vint incruster son souffle, faisant bruisser l’herbe à mes pieds tout en emportant mes cheveux vers l’arrière tandis que la lune nous offrait ses reflets d’argent, à elle tout comme à moi, et que les étoiles faisaient briller le ciel, découvert – contrairement aux nuages qu’on a dû supporter toute la journée.

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Le bruit que faisait le vent dans les arbres vint se mêler aux dernières notes de ma mélodie. Je laissai tomber mon archet et mon violon qui disparurent aussitôt. En regardant le sol où ils se seraient normalement fracassés je perçu une silhouette du coin de l'oeil. Ça ne m'a pas étonné puisque j'avais volontairement fait entendre mon violon et que n'importe qui aurait pu l'entendre.

J'examinai la personne un peu plus attentivement. De longs cheveux noirs contrastant avec la pâleur d'un visage si blanc et des yeux verts qui semblaient briller et qui...étaient rivés sur moi.

Elle peut me voir? Une revenante ou une mortelle? Je ne veux pas vraiment le savoir. Dans un élan de panique et avec l'envie de me cacher j'ai voulu rentrer dans l'école mais sans trop réfléchir j'ai tendu ma main pour la mettre sur le pupitre derrière moi. Au lieu de pouvoir mettre mon poids dessus pour me retourner et entrer, ma main est passée au travers me faisant perdre mon équilibre.

Bien que je sois un fantôme, je ressens l'effet de la gravité et la peur qu'une chute du deuxième étage peut causer. C'est justement ce qui s'est passé.
Ça n'a prit qu'une fraction de seconde avant que je ne touche le sol sans bruit ni douleur. Je me suis relevée rapidement pour pouvoir partir mais j'étais maintenant trop près de la personne pour en avoir le temps.

En regardant de plus près je me suis aperçue que ce que j'avais pris pour une revenante était en fait un jeune homme bien vivant qui projetait même une ombre sur le sol. Il avait une ombre et le gazon s'écrasait sous ses pieds. Ses yeux étaient encore plus impressionnant de près. Le reflet de la lune dans ces derniers prouvaient qu'il était bel et bien vivant.
Moi je n'ai pas d'ombre et, même après être tombée de si haut, je n'ai laissé aucune trace sur le gazon.

Pendant un instant j'ai cru qu'il ne me pouvait me voir et j'ai regardé derrière moi mais il n'y avait rien d'autre.
Il peut me voir!
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Je crus halluciner lorsqu’elle avait laissé son violon et son archet tomber – ceux-ci avaient disparu comme par magie. Une chose naturelle. Un fantôme ? Le regard sans la moindre lueur se posa sur moi me prouva qu’une partie de cette femme était vide. Je me demandais si c’était son corps à qui il manquait la conscience, ou sa conscience à qui il manquait les pensées, ou encore les pensées à qui il manquait de la joie. Son visage n’affichait rien d’autre que ses traits, dont ses yeux verts qui, malgré ma position, étaient bien nets. Pourtant elle semblait transparente, elle semblait venir d’un tout autre monde.

Je lui avais probablement fait peur. Ce n’est pas étonnant lorsque l’on joue de la musique tranquillement et que l’on découvre qu’un inconnu s’est posté juste en bas, les prunelles nous fixant sans qu’on ne puisse en deviner ce qu’elles disaient, la peau aussi blafarde que celle d’un cadavre, les lèvres immobiles, donnant l’air d’apercevoir une simple image.

Elle chercha à se hisser, je ne sais pas à l’aide de quoi, mais ça a cédé, ou alors elle avait lâché. Un haut le cœur me fit courir vers elle – elle tombait, ses cheveux et sa robe de sang entraînés par sa chute. Elle s’écrasa cependant avant que je n’aie pu parvenir à elle. Enfin, si l’on peut dire que s’écraser pouvait être effectué par quelqu’un d’immatériel. L’herbe passait en elle, et elle ne filtrait même pas la lumière grisâtre de la lune. Ce n’était qu’une forme visuelle qu’on ne pouvait toucher, une tâche dans un paysage opaque sur le point de disparaître. Un fantôme ? pensai-je. Une perle rare. Tu ne devrais pas disparaître. Ma panique se calma quand je constata qu’elle n’était pas faite de chair.

Elle avait l’air confuse. J’oubliai qu’elle était étrange pour m’agenouiller au près d’elle, ne cherchant pas à lui tendre la main – je n’étais pas sûr que ça aurait été utile qu’elle la saisisse.
Je ne m’étonnai pas que ce fût un fantôme ou autre créature du genre, pas après avoir découvert le rêve.

« Tout va bien ? » lui dis-je doucement.

Ses yeux verts-gris étaient plutôt grands, aux cils touffus. Une peau blême qui allait bien avec sa chevelure. Sur ce point, elle me ressemblait un peu.
Ces larmes noires étaient bien placées sur son visage. Je ne voulais pas dire qu’elle méritait d’être triste – comment se dire que son sort était d’errer avec le cœur lourd alors qu’elle était là, à terre, ignorée par un monde vivant, vêtu de sa robe de sang ? Un petit rappel de noir allait simplement bien à son visage, il paraissait moins vide ainsi.

Je laissai mon regard rivé sur elle.

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La question posée par l’inconnu résonnait dans ma tête. Il était si rare qu’on me demande quel était mon état que je ne savais pas quoi y répondre. Je suis décédée donc je ne vais pas bien mais je ne ressens aucune douleur physique alors on peut dire que je vais bien tandis qu’émotionnellement rien ne va plus.

En y réfléchissant mieux j’ai compris qu’il faisait référence à ma chute. J’ai levé la tête pour voir d’où j’étais tombée. C’était suffisamment haut pour causer des blessures mineures d’où l’inquiétude à mon égard. Inquiétude que j’appréciais énormément même si je la jugeait inutile.

« J’aimerais vous répondre que je vais bien mais il s’agirait là d’un bien gros mensonge. La chute ne m’a causé aucune douleur mais je suis morte. Donc, non, je ne vais pas particulièrement bien. Je vous remercie. »

J’ai par la suite réalisé que le jeune homme m’étudiait. Il prêtait attention à chaque détail mais jamais je n’ai vu passer l’ombre de la frayeur dans son visage. Pourtant, le commun des mortels ne sont-ils pas sensé avoir peur des spectres, fantômes et autres manifestation du genre? Ne sont-ils pas supposé prendre pour acquis que les revenants en veulent tous à leur bonheur et cherchent à leur faire du mal? Peut-être qu’il n’avait pas tout-à-fait compris ce que je venais de lui dire. Soit il ignorait que j’étais une revenante, soit il n’avait tout simplement pas peur de moi.

Le seul humain avec qui je pouvais communiquer était parti au loin depuis longtemps. J’avais du mal à croire qu’il pouvait me voir! Peut-être avais-je mal évalué l’être qui se trouvait devant moi et qu’il s’agissait aussi d’un mort. Un mort à l’apparence très vivante malgré sa peau de la même couleur que la lune. Son apparence solide et le mouvement de ses cheveux dans le vent prouvaient qu’il était bien vivant.

S’il n’avait pas peur de moi, c’était merveilleux mais s’il ignorait tout simplement que je n’étais plus vivante il ne fallait pas que je l’effraie! Je ne voulais pas voir partir la seule personne avec qui j’avais une possibilité de communiquer!

D’un geste rapide et maladroit, j’ai tendu mon bras afin lui présenter ma main pour une poignée de main. Avec voix un peu trop forte et légèrement tremblante:
«Je suis Evelyn, ravie de vous rencontrer.»

Voyons si je parviens à lui cacher le fait que je ne suis plus en vie... S’il n’est pas déjà au courant.
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